lundi 29 mars 2010

Soul Kitchen: Du Groove à Hambourg...










Vous ne connaissez rien à la soul et encore moins à la cuisine? Soul Kitchen est fait pour vous. Récompensé à la Mostra de Venise (en Septembre 2009) par le prix du jury, la dernière réalisation de Fatih Akin est vraiment soul-patique.
L'histoire? Zinos, jeune restaurateur à Hambourg, traverse une mauvaise passe, un peu comme un disque de soul qui se serait pris pour un vinyle de pop. Son resto est boudé par ses clients habitués aux charmes de la nourriture grasse et frite. Entre les poissons (huilement) panés et autres frites transgéniques et les délices concoctés par son chef dont l'amour pour la cuisine n'a d'égal que le nombre de personnes ayant aimé faire l'amour sur du Marvin Gaye (une préférence pour Let's Get in On). Enfin, sa chérie (blonde, couleur traditionnel oblige) est partie vivre en Chine.
Une histoire qui a l'air vraiment ennuyeuse sur le papier. C'est vrai si ça avait été traité à la sauce française, option béchamelle, le film aurait un côté torture qui n'aurait pas déplu à Robespierre!
Allez on peut presque imaginer un casting de rêve: Jean Pierre Darroussin, Gérard Vives et Maité (pour celle qui part en Chine.
Revenons à nos moutons.
Soul Kitchen est rempli d'acteurs très bons, jouant juste et drôle, Moritz Bleibtreu. Ce dernier a joué Baader (dans La Bande à Baader d'Uli Edel) et un Adam Bousdoukos (le nom fait un peu tousser certes) assez maladroit. Ils vivent et respirent face caméra, comme un solo sur du Johnny Guitar Watson, le spectateur se laisse envouter par la splendeur et la postmodernité d'Hambourg la rayonnante. Quelques travellings langoureux sur le métro aérien longeant le lac d'Alster, on tombe amoureux de la ville, songeant le temps d'une scène où des petites frappes locales se retrouvent sur le parvis du Soul Kitchen, restaurant qui transpire la sensualité chaude et rare d'une caisse claire.
À voir, et qui sait peut être avoir envie de quitter Paris et d'aller s'emouracher d'une Hambourg, plus cosmopolite que jamais...

Le Film : B.A.




Quelques pépites à écouter :

Minnie Ripperton: Inside my love




Deni Hines: Give Me Your Love (ou la soul sauce marseillaise)



Sharon Jones et ses Dap Kings :



mardi 16 mars 2010

Ikea: Et si on mettait autre chose que des canapés dans le métro?






Durant quinze jours, certaines stations de notre bien aimé métro parisien se transforment en showroom du célèbre fabriquant de meubles aux noms exotiques: Ikea. Ainsi les Laverkk, Pfoterrrk et autres canapés ornant les catalogues du géant suédois pourront être testés durant quinze jours au sein des stations Saint-Lazare, Champs Elysées Clémenceau, Opéra et Concorde. Une manière de faire essayer ses canapés en live and direct.

Mais imaginons que cette campagne de pub donne des idées à d'autres marques. Ainsi une semaine serait consacrée à une marque de fromage (on ne pourra plus dire que les usagers du métro ont une mauvaise haleine vu que tout le monde aura la même haleine).

Une autre quinzaine serait consacrée aux déodorants (ce qui permettrait aux personnes de petite taille d'avoir une chance de survivre aux usagers dont le déodorant est en R.T.T.).

Prenons au hasard une boutique de self défense qui ferait essayer durant 15 jours, euu non, 48 heures (c'est moins dangereux) ses produits. Chaque usager de la ligne 13 demanderait une arme de son choix aux personnes employées par la RATP sur le quai de la gare Saint Lazare.


Ainsi, mamie aurait son tazer. Et gare à celui qui ne lui laisse pas une place assise ou elle pourrait poser son derrière fatigué, car rappelons le, si on prête un Tazer©, c'est pour que ce dernier soit utilisé.

Jean-Paul, le jeune cadre, excédé par ses stocks options qui ont perdus 40% de leur valeur (merci M. Maddof) a décidé d'essayer le dernier Magnum 357©. Un kéké fait trop de bruit avec son téléphone portable qui diffuse du Rihanna à fond les mirettes. Exit la politesse et bonjour le Bang Bang !

Bon, avec tout le stress que procure le métro, les victimes seraient plus que nombreuses, et les wagons auraient une fâcheuse tendance à devenir rouge. Et puis les agents d'entretien ont suffisamment de boulot avec les ivrognes et les jeunes qui vomissent partout en fin de soirée.

Rassurons-nous, tout ceci n'est qu'une supposition, sortie tout droit du cerveau d'un Ignatius excédé par les transports en communs. Plus que jamais la R.A.T.P, associée à Ikea, n'aura jamais autant méritée son acronyme populaire: Reste Assis (sur du Ikea) T'es (pas très bien) Payé.

Crédits photos: D.R

jeudi 11 mars 2010

Precious: sortez les mouchoirs...






Precious, c'est la sensation du moment. Il est vrai qu'en temps de crise (économique au cas ou vous ne vous en rappelez pas), il est toujours bon d'aller au cinéma pour voir une personne dont la vie est encore plus compliquée que la sienne. C'est simple dans Precious tout est fait pour que le spectateur se sente concerné dès les premiers pas (d'élephant?) de l'héroïne qui (si vous ne l'avez pas encore compris) se dénomme Précious.

Tout d'abord, l'histoire: À seize ans, Precious mene une vie chaotique, esclave moderne d'une mère qui la garde sous sa coupe afin de toucher l'aide sociale. Une rencontre avec un professeur change sa vie et elle apprend à lire et à écrire dans une école alternative. Commence alors une nouvelle vie.

Precious part dans une quête, d'elle même, du bonheur, et essaie de construire un avenir pour les deux enfants qu'elle a eu d'un viol avec son paternel (qui accessoirement l'a contaminé du virus du H.I.V) Lee Daniels, en adaptant le roman Push de Sapphire nous livre un film dur, ou les difficultés se suivent et s'enchaînent. Dommage que le tout n'aie pas été un peu plus subtil. Entre une histoire dure, deux viols, un virus du Sida, une héroïne analphabète et pour couronner le tout un enfant trisomique. Il semble alors évident que le spectateur ne peut faire autre chose que de se prendre d'affection pour l'héroïne, campée par Gabourey Sidibe.

Notons la presence de Mariah Carey, en assistante sociale, loin de l'image de Milf (Maria i'll like to fuck?) qu'elle véhicule habituellement récompensée du prix de la meilleure performance au Festival International du Film à Palm Springs, loin de son bide Glitterien. À croire que la moustache lui porte chance!

Précious, un film triste, qui a défaut de mériter un ou deux Oscars vous fera (au moins) verser une larme. Juste une...

Crédits photos: Arp Selection

lundi 1 mars 2010

Shutter Island: Petit Léo est (définitivement) devenu grand!


Il est loin le temps où Leonardo Di Caprio enflammait les minettes dans Titanic. Souvenirs, souvenirs. Ce jeune surdoué du cinéma est alors réputé (un peu) pour son jeu d'acteur et (beaucoup) pour sa gueule d'ange. Il aurait pu alors suivre une carrière à la "Macaulay Culkin", illustre héros de Maman J'ai Raté L'Avion. Il est d'ailleurs dommage qu'une version française n'aie jamais eu lieu, il est vrai qu'un Tonton J'ai Loupé Mon Rer A à Boissy aurait été un grand moment de cinéma qui manque peut être à nos chères salles... Enfin bref, Leonardo DiCaprio a failli se perdre. Un nanar post-succès: La Plage, ou sa carrière à failli prendre le chemin du bateau qui lui a offert la gloire, droit dans un iceberg. Mais celui que les moqueurs nomment (avec une once de jalousie) Di-Carpaccio (toute ressemblance avec le plat est surement volontaire) décide de reprendre les choses en main. Fini, le visage poupon. Désormais Leo est un homme, un vrai, avec des balafres et des muscles. Certes ça fait moins rêver la midinette, mais le jeu de l'acteur est toujours aussi excellent. Acteur engagé et très sensible à la cause environnementale, il excelle dans l'action en campant le rôle d'un chasseur de diamants (en 2006 pour Blood Diamonds) et voit sa vie d'acteur changer lorsqu'il tourne pour la première fois sous la direction de Martin Scorsese.
Ainsi, Leonardo DiCaprio collabore à quatre reprises avec Martin Scorsese: Les Infiltrés (2006), Gangs Of New York (2003), Aviator (2004) et Shutter Island (2010). Heureux de travailler avec "le plus grand réalisateur de son époque", Leonardo DiCaprio apprend aux côtés du réalisateur new-yorkais. La complicité entre les deux hommes apparaît à l'écran, nous faisant presque oublier que le film se déroule dans un décor sinistre, entre anciens nazis venus ouvrir des cerveaux et un jeune policier (DiCaprio) qui ne sait plus si il devient fou ou si il l'a toujours été.
Shutter Island, à voir, c'est dommage pour les petits, mais le dernier Scorsese est surtout réservé pour les grands.

Lebanon: voyage dans un char

Pour certains, la guerre se filme de l'extérieur, mais Samuel Maoz pour son premier film Lebanon utilise l'intérieur. Dans un char, quatre jeunes soldats israéliens se retrouvent au milieu de nulle part. Il faut attaquer. La guerre se vit à travers la lunette du nouveau lieu de résidence des jeunes hommes. Un angle de vue unique, contraignant et surprenant, ou le spectateur ne peut voir autre chose que la lunette de tir. La guerre est rendue (in)humaine, le contraire aurait été étonnant.
Pour son premier film, Samuel Maoz détone, un peu comme son cinéma qui a sublimé les canons du festival de Venise 2009.