vendredi 24 septembre 2010

Quand la Piscine prend des airs d'autoroute

L'été, c'est le moment de se ressourcer, de faire ce que l'on fait rarement (du sport) et de manger (ce que l'on fait le reste du temps) sainement.

En Septembre, le Parisien retrouve sa ville lumière, son aigreur mais aussi ses mauvaises habitudes. Et pourtant... Il ne peut s'empêcher de regarder avec une mélancolie certaine la piscine où il a joué tout l'été à Johnny Weissmuller (feu Tarzan) espérant que sa dulcinée ne finisse pas par ressembler à Laure Manaudou. Le fond d'écran de son cellulaire en témoigne, malgré les poignées d'amour qu'il a ramené de Grèce, Jules a fait du sport, et pas n'importe lequel: de la natation.
Malgré la pluie et le froid qui (re)pointe le bout de son nez, il décide de franchir le pas, et de refaire de la natation. Facile, au premier abord. Tellement simple, qu'il se pointe à la piscine municipale, tongues de plage dans le sac, et bonnet de bain assorti au moule bite de bain.

Notre Parisien en a marre de passer sa pause déjeuner a manger face à son insipide sandwich de La Brioche Dorée. Il veut pauser utile. Du sport. Quantifié. Rationnalisé.

Première surprise, la queue pour aller barboter. De nombreux cadres ont eu la même idée que lui. Surprise. Lui qui pensait être le seul à vouloir un corps sain. 10 minutes de queue plus tard, son ticket pour la petite bleue en poche, il file vers le vestiaire dont les odeurs de chlore lui rappellent l'époque où étudiant il achetait de l'eau de Javel bon marché. Qu'importe. Un sportif doit souffrir. Premier choc. À sa droite, un cours d'aquagym ou les participants font semblant de bouger dans l'eau. Les hommes se rincent l'oeil et les femmes cravachent. C'est la dure loi du bassin.

Notre Parisien bombe le torse et range ses bourrelets du mieux qu'il peut. Après tout les poils et le bronzage sont la pour protéger sa masse corporelle. Il se jette à l'eau pensant alors qu'il va vivre un moment de détente totale et complète. Cruelle désillusion! Il découvre alors un bassin qui lui rappelle ses after-work Periphéquien, sauf que les voitures sont des hommes et que les gaz d'échappement sont les jets d'eau projetés par les pieds de ces débutants qui font tout pour faire travailler leurs cuisses. 100 personnes qui nagent dans le bassin évoquent les klaxons de la rue. Il double même sur la file de gauche certains qui nagent à la vitesse d'une boite de thon.

Il s'accroche, fait quatre, cinq longueurs, puis décide de partir, pensant tendrement aux bouchons de la soirée. Pour le sport, notre Parisien attendra l'été prochain. Demain midi, il ira faire du vélo sur les nouvelles voies crées par Bertrand Delanoë, vous savez celles qui vont à l'inverse de la situation. C'est toujours plus sympa de voir la gueule de son futur chauffard...

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